Brest, port des records
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L'actus des records
Sodebo

Didier Ragot : « La performance de Thomas Coville est extraordinaire »

Jeudi dernier, Thomas Coville a franchi le cap Horn, 31 jours 11 heures et 30 minutes seulement après avoir quitté Ouessant dans le cadre de sa tentative de record du tour du monde en solitaire. Le temps est canon. Mieux, il impose le respect et ce n’est pas Didier Ragot qui dira le contraire. Second d’Olivier de Kersauson sur toutes ses campagnes (sauf une lors de laquelle il a justement été remplacé par Coville, sur Sport-Elec, en 1997), le Brestois a participé, il y a quinze ans, à la conception de Geronimo aujourd’hui devenu Sodebo Ultim’. Interview.

Quel regard portez-vous sur la performance réalisée par Thomas Coville au cap Horn ?

« Elle est extraordinaire ! Je m’en réjouis pour lui, bien sûr, mais aussi parce que sa monture n’est autre que l’ex Geronimo, l’ancien bateau d’Olivier de Kersauson sur lequel j’ai travaillé et navigué. Evident, Thomas l’a largement fait évolué depuis qu’il l’a repris mais pour nous, c’est satisfaisant de le voir atteindre ce niveau de performance. Cela signifie qu’à l’époque où nous l’avons construit nous étions dans le vrai, même si en 2000, nous n’avions pas de foil, seulement un mât basculant. Lorsque nous nous sommes attaqué au Trophée Jules Verne avec ce bateau, nous espérions passer sous la barre des 60 jours pour faire le tour du monde. En 2003, nous avions doublé le cap Horn après 40 jours. Un record à l’époque. Il lui a fallu 31 jours cette année, en solitaire qui plus est. Il a su partir au bon moment et profiter d’une météo merveilleuse mais cela ne fait que soulever son talent ».

Peut-on imaginer, aujourd’hui, faire le tour du monde en solitaire en moins de 50 jours ?

« Clairement ! Il y a dix ans, sur un tour du monde, un marin solitaire exploitait 60% du potentiel de son bateau. Aujourd’hui, il est capable de le mener presque aussi bien qu’un équipage car les pilotes automatiques sont nettement plus performants. Ils ont, en effet, capables de suivre la vitesse du bateau et réagissent plus vite. Les machines continuent d’évoluer constamment. Les avancées technologiques sont énormes et ça va continuer, j’en suis persuadé. Les bateaux seront toujours plus puissants et plus rapides et ils permettront s’aller exactement là où on veut. C’est le propre de l’hommes de faire évoluer les choses. »