Brest, port des records
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Des grands découvreurs

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Jean François de Galaup,
comte de La Pérouse

Né le 23 août 1741 près d'Albi. Disparu en 1788 Navigateur et chef d'escadre français. Il entra dans la Marine à 15 ans en 1756. Pendant sa scolarité à Brest, il se voit engagé dès l'âge de 17 ans dans des conflits maritimes de la guerre de Sept Ans avec l'Angleterre au large de l'Amérique du Nord, notamment à Terre-Neuve et sur le Saint-Laurent, ainsi qu'aux Antilles. A 18 ans, il est blessé et fait prisonnier pendant la Bataille des Cardinaux, près de Quiberon, entre le Maréchal de Conflans et l'Amiral Hawke.

Après d'autres activités sur les côtes françaises, il effectue un séjour de 5 ans à l'île de France (de nos jours l'île Maurice) comprenant des missions dans les îles voisines. Il est chargé de deux voyages aux Indes comme commandant de la Seine. Il y rencontre sa future femme, Eléonore Broudou, une jeune créole d'origine modeste.

Rentré en France en 1777, il est nommé Lieutenant de vaisseau et obtient la Croix de Saint-Louis pour avoir sauvé Mahé des assaillants indiens.

Il participe ensuite à nouveau à la confrontation avec les Anglais à l'occasion de l'émancipation des colonies anglaises d'Amérique dans des combats depuis les Antilles jusqu'au Labrador (expédition de la baie d'Hudson, où il démontre sa valeur maritime et militaire en capturant deux forts britanniques). Il est nommé Capitaine de Vaisseau, à 39 ans, pour sa brillante conduite pendant cette guerre. Il épouse Eléonore Broudou en 1783 malgré les objections paternelles, et l'installe à Albi.

Louis XVI donnant des instructions à Lapérouse, 26 juin 1785

Après la paix de Versailles, il est choisi par le Ministre de la Marine de Castries et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde, visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique.

Louis XVI donnant des instructions à Lapérouse, 26 juin 1785
peint à la demande de Louis XVIII en 1817 par Nicolas André Monsiau

La Boussole et l’Astrolabe

Celle-ci, composée de 220 hommes, quitte Brest le 1er août 1785 sur les deux navires, La Boussole et l'Astrolabe, chacun des navires marchands de 500 tonneaux reclassifiés comme frégates pour la circonstance.

La Boussole et l’Astrolabe

Parmi les hommes qui l'accompagnaient il y avait de nombreux scientifiques : un astronome, un médecin, trois natu- ralistes, un mathématicien, trois dessinateurs et même des curés qui avaient une formation technique.

Les objectifs étaient nombreux, géographiques, scientifiques, ethnologiques, économiques (prospection des possi- bilités de chasse à la baleine ou de collecte de fourrures), mais aussi politiques avec l'établissement éventuel de bases françaises ou de coopération coloniale avec les alliés espagnols (Philippines).

C'est en somme un programme d'exploration planétaire dans le Pacifique Nord et le Pacifique Sud, y compris les côtes d'Extrême Orient et de l'Australie qui lui fut proposé.

L'expédition contourna le cap Horn, fit une enquête sur la colonie espagnole du Chili, et passant par l'île de Pâques et Hawaii, il vogua jusqu'en Alaska, où il débarqua près du Mont St. Elias, à la fin de juin 1786 et explora les environs. Une barge et deux bateaux longs transportant 21 hommes furent perdus dans les courants violents de la baie nommée Port des Français par La Pérouse, que l'on appelle baie Lituya de nos jours. Ensuite, il visita Monterey, où il examina les missions franciscaines et fit des notes critiques sur le traitement des Amérindiens.

Naufrage de deux chaloupes en 1786 au large de l\'Alaska
Naufrage de deux chaloupes en 1786 au large de l'Alaska, lors de l'expédition de La Pérouse dans l'Océan pacifique. Gravure de N. Ozanne

Il traversa ensuite à nouveau le Pacifique à Macao, où il vendit les fourrures achetées en Alaska, partageant le profit avec son équipage. L'année suivante, après une visite à Manille il se dirigea vers les côtes nord-est de l'Asie.

Il découvrit les îles Quelquepart (Cheju), visitées seulement une fois par les Européens, un groupe de Hollandais qui y firent naufrage en 1635. Il visita la presqu'île de Corée, puis alla à Oku-Yeso (Sakhaline).
Les habitants d'Hokkaido lui montrèrent une carte mais il ne put trouver le détroit et mit le cap au nord vers la péninsule du Kamtchatka qu'il atteint en septembre 1787.

Là, il se reposa avec l'hospitalité des Russes. Il reçut des instructions de Paris par le truchement de Barthélemy de Lesseps, vice-consul de la France à Kronstadt et oncle du constructeur du Canal de Suez, pour faire un rapport sur la colonisation en Australie.

Il s'arrêta ensuite aux Samoa (les Îles du Navigateur). Juste avant son départ, les Samoans attaquèrent un groupe de ses hommes et en tuèrent douze, dont le second de l'expédition Fleuriot de Langle, commandant de l'Astrolabe.

La mort de Fleurieu et de onze de ses hommes sur les plages de Manoua en 1788
La mort de Fleurieu et de onze de ses hommes sur les plages de Manoua en 1788. (Gravure de N. Ozanne, 1797)

Il navigua ensuite jusqu'à Botany Bay à Sydney (Australie), arrivant le 26 janvier 1788, juste quand le capitaine Arthur Phillip transférait la colonie de cette baie à port Jackson.

Les Britanniques le reçurent avec courtoisie mais ne purent lui donner de la nourriture car ils n'en avaient pas de disponible. Il donna ses journaux et lettres afin qu'ils soient transmis en Europe et obtint du bois et de l'eau fraîche. Il partit pour la Nouvelle-Calédonie, Santa Cruz, les îles Salomon, les Louisiades, et les côtes de l'ouest et du sud de l'Australie.
Ni lui ni aucun de ses hommes ne furent vus de nouveau.

« Je partirai le 15 mars de Botany Bay, et je ne perdrai pas mon temps jusqu’au mois de décembre, époque à laquelle je compte arriver à l’île de France. » telle est la dernière parole connue de Jean-François de Galaup de La Pérouse, commandant La Boussole entre 1785 et 1788.

La Pérouse avait prévu d'atteindre l'Ile de France (aujourd'hui île Maurice) en décembre 1788 et de regagner Brest en juin-juillet 1789.

Mais le sort en décida autrement, puisque les deux flûtes devaient sombrer, sans doute drossées par une tempête tropicale sur les récifs de Vanikoro (Salomon), comme on le découvrira plus tard. Sans nouvelles de l'expédition, l’inquiétude s’installe en France : «L’humanité vous commande, le sentiment vous entraîne, il faut voler au secours de nos frères.».

Mais le contexte politique de l'époque entraîne des soucis d'un autre ordre : La province s'agite dès juin 1788 et les Parisiens s'emparent de la Bastille le 14 juillet 1789. L'insurrection gronde un peu partout, y compris dans les arsenaux de Brest et Toulon, à un point tel que Bougainville, qui vient d'être nommé vice-amiral, refuse sa promotion au sein d'une Marine dans un tel état de désorganisation.

En mai 2005, les épaves retrouvées au large de Vanikoro (îles Salomon), en 1827, puis en 1964 ont été formellement identifiées comme étant La Boussole et L'Astrolabe.

Un sextant retrouvé dans l'une des épaves portait l'inscription "Mercier" sur une plaque en laiton ; la liste d'inventaire de La Boussole indiquait la présence d'un sextant, confié par l'Académie royale de Marine et fabriqué par le "sieur Mercier". En outre des traces de campement ont été découvertes sur l'île et la tradition orale autochtone semble avoir conservé la notion d'un naufrage contemporain de celui de La Pérouse

L’astrolabe est le nom d'un des plus anciens instruments de navigation (IIe sièce avant JC). qui mesure l'angle formé par l'horizon et un corps céleste donnant ainsi la latitude exacte mais pas la longitude. Le problème de la longitude ne sera résolu qu'avec l'invention du chronomètre (2e moitié du XVIIIe siècle).

Le sextant et le graphomètre découvert en 2005
Le sextant et le graphomètre découvert en 2005 ont permis d'identifier la Boussole.
Cloche de l'Astrolabe

[Ci-dessus] Gravure de 1786 d'après un dessin du peintre des- sinateur Duché de Vancy qui accompagnait De La Pérouse dans son expé- dition autour du monde.

[En haut à gauche] Carte du Voyage de Lapérouse-1941 (J.Liozu)

[En bas à gauche] Vue de Saint-Pierre et Saint-Paul (Carnets de voyage de La Pérouse)