Brest, port des records
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Sodebo

Une nouvelle année de challenges en solitaire pour Sodebo Ultim’ et Thomas Coville.

• Après un chantier hivernal, Sodebo Ultim’ affûté et optimisé a été remis à l’eau
• Nouvelle dérive, plans porteurs et pilotes pour s’élever encore plus au dessus de l’eau, un système de largage de la GV pour la sécurité
• Premier objectif de cette année dense pour Thomas Coville : The Transat

L’année 2016 sera intense et une nouvelle fois placée sous le signe de la course en solitaire en multicoque dont Thomas Coville est un des rares spécialistes.

Après trois mois de chantier consacrés à optimiser la performance du bateau, Sodebo Ultim’ a été remis à l’eau ce matin. Pour le skipper trinitain et son équipe technique, cette période a été capitale pour améliorer « toujours et encore » la configuration solitaire de ce trimaran de 30 mètres.

Sodebo
© Yvan Zedda

Dans moins de deux mois, le 2 mai, le skipper de Sodebo Ultim’ s’élancera au départ de The Transat pour un sprint sur l’Atlantique nord entre Plymouth et New York.  Ce sera pour lui l’occasion de renouer avec cette course mythique. The Transat est un objectif majeur pour Thomas. Deuxième de la dernière édition en 2004, il ne cache pas son ambition et sa fierté d’être inscrit à cette course qui appartient aux événements légendaires de l’histoire de la course au large internationale.
« L'Atlantique nord pour un marin, c'est toujours impressionnant. Enfant, j'ai vu mon père tellement heureux quand Eric Tabarly a gagné en 1967. J’avais 8 ans, mais j’ai été très touché par son émotion. Aujourd'hui, je fais partie de l'histoire. »

Autre saison, autre défi. Dès le 15 octobre, Sodebo Ultim’ sera amarré à Brest.  Thomas Coville se mettra alors en stand by pour une cinquième tentative de record autour du monde en solitaire avec ce rêve qui ne le quitte pas : devenir le solitaire le plus rapide autour du monde à la voile.

Afin de gagner en performance, l’équipe technique de Sodebo Ultim’ a exploité tout ses savoir- faires. Suite aux enseignements de la Transat Jacques Vabre, c’est un bateau plus affuté qui ressort de ce chantier hivernal, un voilier taillé pour les plus grandes traversées des océans en solitaire.

Passage en revue de certaines évolutions majeures du trimaran géant avec Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’

Avec ces nouveaux appendices, Sodebo Ultim’ devrait pouvoir s’élever davantage au dessus de l’eau !

Une nouvelle dérive
« Nous avions gardé la dérive d’origine version Geronimo qui n’avait pas été améliorée par manque de temps. Aujourd’hui, le profil de la nouvelle dérive est beaucoup plus fin et son poids a été diminué d’environ 80 kg.  Nous avons donc gagné en hydrodynamisme. Vraiment typée pour le tour du monde qui se court en grande partie au portant, le gain de cette nouvelle dérive devrait être substantiel pour The Transat. La traversée de l’Atlantique nord d’est en ouest réserve en effet du près et du reaching. »

De nouveaux safrans
« Les safrans avec plans porteurs ont été construits à l’automne pendant que j’étais en mer pour participer à la Transat Jacques Vabre. Ils ont été mis en place à notre retour en France fin novembre. Avant le chantier hivernal, nous avons analysé leurs nouvelles incidences pendant 15 jours de navigations-tests. Les réglages des foils ont également été améliorés : ils sont désormais incurvés vers l’intérieur (vers l’extérieur auparavant). Ce changement d’angle permet une plus forte poussée pour surélever le bateau au dessus de l’eau. La combinaison de ces nouveaux foils avec les plans porteurs des safrans vont offrir un meilleur empennage (comme pour les avions il s’agit de l’ensemble des plans fixes et mobiles qui assure la stabilité en tangage et en trajectoire). » 

Peut-on dire que le bateau vole ?
« C’est difficile de dire que l’on vole. Il y a des moments où le bateau est porté par les foils et les plans porteurs arrière. C’est hyper grisant de sentir le bateau devenir très léger, tout en accélérant à une vitesse folle. Sur des bateaux de cette taille (30m) et de cette puissance, c’est phénoménal ! C’est comme si tu passais le mur du son. »

Des pilotes automatiques uniques au monde
« C’est le sujet sur lequel l’équipe de Sodebo est en pointe. Le nouveau pilote est ce qui se fait de mieux ! C’est un pur produit Sodebo et je suis fier du rendu. Nous y avons mis beaucoup d’énergie et de travail. Mais pour l’instant, nous restons discrets sur cette évolution stratégique. » 

Qui dit sécurité et confort, dit aussi sérénité pour le marin
Sur ces bolides des mers pouvant aller à plus de 30 nœuds (55 km/h), la sécurité du marin est primordiale, notamment en solitaire où la navigation est  très engageante. Il faut pouvoir réagir très vite en cas de forte gîte ou d’enfournement. Le moteur principal du bateau étant la grand-voile, un système de largage automatique agit en direct pour choquer les écoutes et remettre Sodebo Ultim’ à plat. Les nouvelles bulles installées sur la casquette et la nouvelle configuration de la cellule de vie faciliteront la veille de Thomas.

Teaser

Un système de largage automatique de la grand-voile
« Celui-ci est spécifique à la navigation en solitaire et il est plus évolué que ce que nous avions auparavant avec un mode progressif ou radical. Doté d’un capteur à l’intérieur du bateau, le largage est lié à l’enfournement ou à la gîte du bateau. Grosso modo, à 9° la coque centrale sort de l’eau et nous avons programmé le largage de la grand-voile à 15°, là où le bateau n’est plus que sur un flotteur ou sur un foil. C’est un élément de sécurité important.»

Chaque mise à l’eau est un moment particulier pour Thomas. C’est la passation entre l’équipe de l’atelier et l’équipe des techniciens navigants. Basé à Lorient pour ce chantier, le trimaran rejoindra aujourd’hui son port d’attache à La Trinité-sur-Mer.

Place au sport ! Le compte à rebours est lancé avant le départ de The Transat, le 2 mai prochain.
« C’est toujours un moment humain très sympa. Depuis quelques jours, quelques semaines, il y a un mélange d’impatience et de stress. C’est une jubilation incroyable. Après ces trois mois de chantier, où nous avons concentré nos efforts sur l’optimisation, l’amélioration et la performance, nous sommes dans l’expectative, espérant que tout va marcher. Il est tant d’aller naviguer et de valider le travail mis en œuvre »

The Transat, celle qui compte le plus !
« J’ai un souvenir très fort de 2004, où j’étais à la bagarre contre Michel Desjoyeaux. Il a franchi la ligne une heure devant moi. J’ai adoré cette course car elle m’a poussée dans mes retranchements. Je m’étais vraiment épanoui, surpris et j’étais fier du résultat.  Depuis décembre dernier, c’est mon objectif numéro un : je m’entraîne pour être au top, j’y pense tous les jours. Je suis heureux de renouer avec cette mythique transat. Sodebo Ultim’ est compétitif et on y va pour gagner. »

Préparation commando
« Les cinq prochaines semaines vont être intenses avant de rejoindre St-Malo pour le prologue de The Transat (le 23 avril). Au total, je devrais naviguer l’équivalent de quatre semaines non stop. L’enjeu sera de reprendre vite mes marques en solitaire. Je dois effectuer ma qualification de 1000 milles (1852 km) et j’ai hâte de me retrouver seul en mer ! Avec les autres Ultim’ MACIF et Actual, nous allons faire des entraînements communs afin d’intensifier notre préparation.»

Le programme de Sodebo Ultim’ en 2016
11 mars : Remise à l’eau de Sodebo Ultim’
23 avril : Prologue de The Transat à St-Malo
24 avril : Arrivée à Plymouth
2 mai : Départ de The Transat
A partir du 15 octobre : Stand by pour la tentative de record autour du monde en solitaire**

The Transat
Départ Plymouth – Arrivée New York
3 500 milles – soit 6 482 km
Temps estimé pour les trimarans Ultim : entre 8-10 jours

Langage de marin
Au portant : le vent est sur le côté, ou derrière les voiles sont ouvertes
Au près : vous remontez contre le vent
Au reaching : on est au près débridé, le vent vient un peu plus de côté

Sodebo - Départ du Rhum 2014
© Yvan Zedda - Départ du Rhum 2014

Le skipper

Thomas Coville

Sportif de haut niveau, ingénieur de formation, skipper de Sodebo depuis 1999, marié et père de deux enfants, Thomas Coville est avant tout un passionné. Un marin multi-tourdumondiste, reconnu par ses pairs et vanté pour le soin qu’il apporte aux bateaux qu’il dirige.

Homme libre, déterminé, il faut connaître son parcours pour comprendre son talent. Aventurier des temps modernes, Thomas se lance corps et âme dans tout ce qu’il entreprend. Culture, lecture, musique, cyclisme, alpinisme, le marin dévore la vie, jamais rassasié. Quand il n’est pas en mer, le navigateur partage son temps entre sa maison en bois dans le pains, le bitume qu’il parcourt à vélo avec ses amis professionnels ou encore le Piano Barge à Vannes, un lieu de création musicale créé entre autres avec le trompettiste de jazz Alex Tassel. Et dès qu’il peut, il rejoint le massif du Mont-Blanc pour gravir un sommet où s’attaquer à une cascade de glace.

La voile, il l’a pratique au plus haut niveau depuis son adolescence. Du mini 6.50 aux plus grands trimarans de records, en passant par l’America’s Cup et la Volvo Ocean Race, Thomas est l’un des skippers les plus éclectiques de sa génération. Le multicoque reste son fil rouge, son adrénaline, son univers. A travers l’Atlantique ou autour du monde, contre des adversaires ou un chrono, le marin enchaîne, engrange et grandit mais toujours avec ce même talent pour conter et partager ses aventures.

Bio express d’un homme pressé :
  . 7 tours du monde dont 3 en solitaire, 5 en multicoque et 2 en monocoque.
  . 9 passages du Cap Horn et plus de 15 transatlantiques.
  . 7 records en solitaire et 4 en équipage.
  . 4 ‘Route du Rhum’ dont 1 victoire en monocoque en 1998 et 2 podiums en trimaran (2006 et 2010)
  . Et aussi :
     - Vainqueur de la Volvo Ocean Race 2011-2012
     - Détenteur du Trophée Jules Vernes 1997 et 2010
     - Deuxième de La Transat Anglaise 2004
     - Vainqueur de la Transat Jacques Vabre 1998
     - Deuxième de la Mini Transat 1997

Le bateau

SODEBO ULTIM' (EX-GERONIMO)

Une nouvelle vie pour un bateau de légende

Né en 2001 après 100 000 heures de travail des plus grands experts du moment, Geronimo d’Olivier de Kersauson a marqué son époque en tant que précurseur des maxi-trimarans transocéaniques taillés pour les records en équipage. Il engendrera ensuite Groupama 3 puis Banque Populaire V. Ces trois bateaux ont battu successivement le tour du monde du Trophée Jules Verne, réduisant le chrono de 63 à 45 jours entre 2004 et 2012.

Nouvelle preuve d’audace de Thomas Coville et de son partenaire Sodebo, le bateau a passé plus d’un an en chantier entre 2013 et 2014 à Vannes chez Multiplast (là où il avait d’ailleurs été construit) pour être modifié afin d’être mené par un seul homme.

« Grâce à la confiance que m’accorde Sodebo et au travail de mon équipe, ce bateau de légende renaît, transformé pour le solitaire, » confie le skipper. « Une belle histoire de transmission renforcée par le fait que Olivier m’a embarqué à ses côtés dans ma jeunesse (Trophée Jules Verne 97) et cru en moi. C’est désormais à mon tour de prendre la barre de son bateau. »

L’objectif des architectes du cabinet VPLP : repenser un nouveau ‘géant’, allégé [six tonnes ont été gagnées sur l'ex-Geronimo] polyvalent et performant à toutes les allures. Dans cette optique, Sodebo Ultim’ est doté d’une nouvelle coque centrale plus légère et plus épurée de 31 mètres (contre 34 en version équipage).

Neuf mètres de flotteur ont été remplacés à l’avant pour améliorer les entrées d’eau. Les deux bras de liaison ont également été renforcés pour permettre d’installer des foils sur les flotteurs. Un nouveau mât de 35 mètres a été fabriqué dans le moule de celui de Groupama 3. Quant à la bôme d’origine, elle a simplement été modifiée. Et enfin, les foils, la dérive et les safrans de flotteurs proviennent du trimaran USA17 d’Oracle Racing, vainqueur de l’America’s Cup 2010.

Avec un cockpit minimaliste et une cellule de vie intérieure de plain-pied, tout a été simplifié pour rester le plus léger possible. Nul doute que manier les 660 mètres carrés de voilure maximale imposera d’incroyables efforts à Thomas, seul à bord.

Sodebo Ultim\'
© Désigne.fr / VPLP / Clément Porée

Caractéristiques techniques

Nom : Sodebo Ultim'
Numéro : 73 (En référence à la création de Sodebo par Simone et Joseph Bougro en 1973)
Architectes : Cabinet VPLP (Van Peteghem-Lauriot Prévost)
Structure : HDS
Structures : Hervé Devaux Structures et Gsea Design
Réalisation plateforme : Chantier Multiplast et team Sodebo
Mise à l’eau : mai 2014
Longueur : 31 m
Largeur : 21,20 m
Constructeur mât : Lorima
Hauteur mât : 35 m
Corde mât : 1,20 m
Tirant d’air : 37 m
Conception et fabrication voiles : North Sails
Surface GV : 283 m²
Surface voiles max au près : 444 m²
Surface voiles max au portant : 663 m²
Espace de vie de plain-pied : 3 m²
Cockpit avec 1 colonne et 6 winchs
Filets de dyneema : 400 m²
Pilotes automatiques : Électrique et hydraulique

Palmarès

7 tours du monde dont 3 en solitaire, 5 en multicoque et 2 en monocoque.
7 records en solitaire et 4 en équipage
9 passages du Cap Horn
Plus de 15 transatlantiques

2015
2e Transat Jacques Vabre (course en double)

2011-2012
Vainqueur de la Volvo Ocean Race (course autour du monde en monocoque et en équipage)

2010
Détenteur du Trophée Jules Verne (record du tour du monde en multicoque et en équipage)
3e Route du Rhum (course en solitaire)

2006
3e Route du Rhum (course en solitaire)

2004
2e The Transat (course en solitaire)

1997
Détenteur du Trophée Jules Verne (record du tour du monde en multicoque et en équipage)